Ce qui m'est insupportable dans les conversations, c'est que les gens ne veulent pas qu'on les écoute. Ils vous parlent, font vibrer comme des cloches l'air autour de leur bouche et vous êtes sommés – quand vous n'êtes pas sonnés ou assommés –, de valider...
Lire la suiteLes enfants font des cauchemars, se réveillent en sueur la nuit, nous appellent à l'aide de leurs petites voix suppliantes. Les pauvres. Il faudra leur expliquer un jour. Que l'horreur qu'ils redoutent ne réside pas dans les fantasmes que leur suggère...
Lire la suiteL'humain est un animal refusé. Animal auquel il est refusé d'être animal, c'est-à-dire d'exister de manière bestiale. On veut qu'il paraisse autre chose. Lui-même finit par le vouloir. Si bien qu'il transforme son être à force de mensonges et de travestissements,...
Lire la suiteQuelque chose m'effraie ces temps-ci. Je veux parler de la nullité des analyses politiques au JT de France 2. Quand la bêtise s'étale ainsi, sans complexe, presque fière d'elle, ça ne me fait pas du bien. Vraiment. Je souffre tout particulièrement face...
Lire la suitePourquoi passons-nous tant de temps à nous regarder ? Aurions-nous quelque difficulté à nous voir ? Le matin dans la salle de bain à traquer dans le miroir les points noirs, les rides, les grosseurs indésirées. En journée dans le reflet imposé par les...
Lire la suiteCertaines personnes sont frappées de troubles étonnants. Bien qu'ayant mené jusqu'ici une existence normale, elles se lèvent un matin et s'aperçoivent qu'elles ne savent plus lire ou reconnaître les visages. Dans d'autres cas, ce sont les objets du quotidien...
Lire la suiteLa chaleur humaine ne réchauffe plus grand chose. Ni le cœur de personne. Il faut le dire. Dans les fours de la chaleur humaine, la crémation des limites fait depuis bien longtemps des fumées sans joie. Quand nous cuisons le monde, faisant migrer nos...
Lire la suiteNous développons notre vie durant une sociabilité de surface, sorte de fraternité joyeuse de train fantôme. Visiblement soudés dans une frayeur risible pour l'image de foire de la mort, transis d'effroi au creux de nos wagonnets capitonnés, nous sommes...
Lire la suiteSur mon paquet de sucre ce matin on voit Jean-Marie. Agriculteur à Sommelans, Jean-Marie pose dans un champ de betteraves ensoleillé. On ne voit bien que la partie supérieure de son corps mais on le devine assis sur quelque chose de robuste. Une machine...
Lire la suiteOù que nous allions nous emportons avec nous nos angoisses. Par peur de les perdre, et de nous perdre avec elles. Installées dans leur antre nomade, au fond rétif à tout mouvement. Intérieur feutré, hanté de mauvaises vapeurs s'entêtant à nous persécuter...
Lire la suite