Vieillir, c'est voir le réel s'éloigner dans une représentation. Les vieux. Regardez comme nous leur parlons fort. Comme si nous étions avec eux sur la scène d'un théâtre de quartier. Ce que nous leur disons ne peut prendre sens qu'adressé à un public....
Lire la suiteIl ne viendrait pas à l'esprit d'un chien de fumer. Voilà bien une idée de maître ! S'asservir à une substance coûteuse et nocive, dont on ne peut se passer qu'avec douleur et frustration. Voilà bien une idée de maître ! Il faut croire qu'être son propre...
Lire la suiteLa solitude est un poison savoureux. Autrui n'en est pas l'antidote, mais la vaine distraction. Ce que je goûte seul n'a plus la même teneur affreusement délicieuse si l'on est deux. La présence de l'autre met un peu de sucre dans le poison génial de...
Lire la suiteAu commencement, la langue était comme une immense garde-robe. Un univers textile chatoyant, d'une richesse sans limite. Le monde accueillit d'emblée cet infini débordant de couleurs et de sons, dans lequel il se reconnaissait. Mais l'humain ne sut guère...
Lire la suiteUne question me travaille depuis quelque temps. Ingénue, elle s'est établie malgré moi dans un recoin de ma tête et ne veut plus en partir. Aporétique, elle ne mène nulle-part. Comme un pantalon dont on aurait cousu les jambes aux extrémités. Les questions...
Lire la suiteLa connaissance de soi qui mobilise le parler courant mène à la dépersonnalisation. Prenez votre joie ou votre tristesse. Leur existence a quelque chose d'indéniablement intime et vivant – d'où leur pouvoir de vous transporter ou de vous accabler. Prenez...
Lire la suiteUn peu partout, on voit des êtres en quête d'unité n'aspirant qu'à aimer. Savent-ils ce qu'éprouve le caillou retombant sur le sol parmi les siens ? Et la goutte de pluie rejoignant l'océan ? L'attraction dissimule pourtant mal son désir de dissolution....
Lire la suiteEn dépit de ses efforts, la vitesse de la lumière n'est pas infinie. Nous visualisons toute chose qui nous environne en léger différé. Une étoile, par exemple, se perçoit aisément encore longtemps après sa mort dans le ciel nocturne. Toute proportion...
Lire la suiteLa nature finit toujours par satisfaire notre sadisme refoulé. La neige, par exemple, jouit en toute simplicité du plaisir d'emplâtrer les sans-abris qui encombrent inutilement le paysage urbain. Couple hétéro dégoûtant, les pieds vont toujours par deux....
Lire la suiteDernier rejeton de l'indigente famille des animaux en voie d'extinction, le kiwi d'okarito disparaît sans un cri. Petit oiseau dépourvu d'ailes, il s'efface humblement devant l'introduction récente de l'hermine sur son territoire. Infinie pudeur des bêtes,...
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