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13 - 20/11/2013

 

Dernier rejeton de l'indigente famille des animaux en voie d'extinction, le kiwi d'okarito disparaît sans un cri. Petit oiseau dépourvu d'ailes, il s'efface humblement devant l'introduction récente de l'hermine sur son territoire. Infinie pudeur des bêtes, me dis-je, à la révérence simple et discrète. L'homme se retire presque toujours avec éclat, quant à lui. Principal destructeur du monde vivant il n'a, pour sa part, aucun savoir-mourir. 

 

Les cimetières seront bientôt obsolètes. Nous nous recueillerons devant des tablettes tactiles, disposées dans des espaces dédiés semblables aux salles de prière des aéroports. Une application nous permettra de chatter avec le défunt, pour peu qu'il ait souscrit à la dématérialisation sous forme d'intelligence artificielle. Dans pareilles conditions, on ne doute pas que le deuil devienne rapidement ringard et la tristesse has been. Ne restera alors que la mort des bêtes, pour nous arracher quelques larmes devenues à nous-mêmes étranges. 

 

 

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