Le paysage borde notre horizon d'arbres qui n'ont rien à y faire. Écrin barbu inutilement imposé à notre finitude, pour dissimuler le rien disposé dans l'air tout autour. Au-delà de la pente qui prive notre conscience de ce qui la saturerait. Comme pour nous rassurer, l'horizon trace un petit cercle autour de nous dont nous constituons le centre mobile. Quatre kilomètres de rayon et rien de visible au-delà. La mondialisation ne change rien à cette limitation de notre regard. Nous ne savons pas voir au-delà des frontières. Nous sommes dans une bulle autour de laquelle gravitent parfois quelques tristes sommets, où tournoient d'étranges oiseaux en rotation autour de nos peurs. Myopes refoulés, il nous faut tout raser pour chasser l'angoisse d'un enfermement ainsi redoublé.