Ma vie quotidienne est une lutte acharnée contre deux fléaux. Une absence totale de mémoire à court terme et l'apparition récurrente et inexpliquée de vaisselle sale sur mon bureau.
L'existence prolongée loin de Paris m'a desséché le coeur. Lorsque la RATP me souhaite une « agréable journée », je n'éprouve plus la joie d'antan en posant le pied sur le quai. Plus aucune extase ne remplit mon être, alors que je recrée vainement en moi-même la voix suave et sincère. Minable et conscient de l'être, je jette alors mon billet à la poubelle et disparais furtivement avant que ma morosité n'attire la réprobation méritée.