Pensée vivante. Pour penser, il faut admettre l'idée de sa propre mort. Accepter la mort des idées à travers lesquelles circulent nos affects. À commencer par l'idée de soi-même. Nous ne sommes pas l'idée de nous-mêmes.
Expérimenter la pensée vivante requiert l'acceptation de sa propre mort. Philosopher c'est apprendre à mourir. A minima : se mettre en péril. Avoir la sagesse de ne pas se ménager. Émettre au moins une fois par jour la supposition du néant. Voilà l'hygiène de la pensée vivante.
La pensée vivante se nourrit de la mise à mort des idées. Stopper leur maintien sous le respirateur inquiet des convictions, qui nécrose le flux désirant de la pensée. Libérer les affects des idées qui les séquestrent. Débarrasser la pensée des symptômes que sont vérité et valeur. Chercher autre chose.